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C'est la journée mondiale des abeilles !

Bonjour les amis de la nature,


Aujourd'hui, c'est la journée de l'année où l'on célèbre l'importance des abeilles.


Je voulais en profiter pour saluer tous les bergers des abeilles qui oeuvrent au quotidien à leur sauvegarde ! Je voulais aussi en profiter pour revenir avec vous sur les dernières semaines durant lesquelles la météo n'a pas été très sympathique avec nous, et partager avec vous les conséquences de cette météo.


On a récemment beaucoup parlé des viticulteurs et des soucis qu'ils rencontrent lorsque les températures font le yo-yo et qu'il se remet à geler la nuit, comme ce fut le cas en avril. Avec les abeilles, les risques et les problèmes sont aussi nombreux.


Jusque début avril, tout allait très bien, la miellée de printemps s'annonçait sympathique malgré des journées pluvieuses. Les pissenlits et le colza coloraient la campagne en jaune, les arbres fruitiers fleurissaient les uns après les autres. Les colonies étaient en forme et grandissaient rapidement.


Bon, il fallait quand même faire attention lorsque je m'engageais dans des chemins boueux avec ma fidèle titine, et je devais aussi bien viser les créneaux de visites pour éviter la pluie (je n'ai jamais autant regardé la météo radar), mais à part cela, tout allait bien.


Les jours passant, je m'attendais à un réchauffement progressif des températures... mais cela n'a pas été le cas. Le froid et la pluie sont venus perturber tous les plans.


Le froid et la pluie ont un impact important sur les colonies d'abeilles:

  • Les abeilles ne sortent plus récolter le pollen et le nectar

  • Elles restent à l'intérieur et consomment leurs réserves

  • Les reines s'arrêtent de pondre car les abeilles ne sortent plus

  • Les visites des ruches s'espacent, ce qui augmente le risque d'essaimage

  • Les reines vierges ne peuvent pas être fécondées correctement

  • Les bourgeons peuvent geler et compromettre les floraisons suivantes

  • Les fleurs sont "rincées" par la pluie, ce qui réduit drastiquement les miellées


Oui, cela fait effectivement une longue liste, passons ces différents points en revue...


Le froid humide a empêché les abeilles de sortir butiner, alors que le nombre d'abeilles augmente beaucoup dans les ruches avec les premières pontes printanières des reines. La conséquence est que les abeilles ont dû se rabattre sur leurs réserves dans la ruche. Les ruches sont donc aujourd'hui très légères. Je n'ai pas craint la famine, mais je n'avais jamais vu des cadres aussi légers à cette époque de la saison.


Comme les abeilles sont restées à l'intérieur des ruches, elles ont aussi donné le signal à la reine qu'il fallait réduire la ponte. En effet, la colonie régule sa population en fonction des rentrées de ressources tout au long de la saison. La principale conséquence est que les colonies se développent en retard, et je sais à quel point il est important d'avoir des colonies fortes, en particulier pour qu'elles puissent se protéger contre les frelons asiatiques plus tard dans la saison.


La météo m'a aussi perturbé dans le cycle des visites des ruches, à une époque où il est important d'ouvrir et d'étudier les ruches chaque semaine pour gérer les risques d'essaimage. Il est important de repérer les cellules royales en cours de formation et de les supprimer, en particulier pour les colonies dont on apprécie la génétique royale (en ce qui me concerne, c'est une génétique propre -qui nettoie bien sa ruche-, économe -qui gère bien ses ressources- et douce -qui ne montre pas un comportement agressif).


Il faut 16 jours pour qu'un œuf devienne une reine. Lorsqu'on contrôle les ruches chaque semaine, on peut gérer la situation car on a deux "chances" de trouver les cellules royales en formation. Mais quand on sait qu'il faut attendre que la température extérieure atteigne 16 °C pour ouvrir une ruche sans risquer de la refroidir (cela pourrait tuer le couvain et provoquer des maladies), il est parfois impossible de respecter ce rythme hebdomadaire des visites. C'était le cas ces dernières semaines.


Quand il y a un essaimage, c'est la moitié de la colonie qui s'en va avec la reine. On perd la reine dont on apprécie les qualités et on compromet les récoltes pour le reste de la saison. Quant à l'essaim parti dans la nature, ses chances de survie sont faible s'il n'est pas cueilli par un apiculteur...


Chaque année, je compte environ 5 à 10% d'essaimage. Cette année, j'en suis au double...


Pour couronner le tout, j'ai aussi constaté quelques morts subites de reines liées à la chute brutale des températures (parfois 25°c de baisse en 30 heures) qui n'ont pas permis aux abeilles de se remettre en grappe assez vite pour se tenir chaud.


Dans toutes ces situations de remérage (changement de reine dans une colonie), une nouvelle reine vierge va naître, et la période de fécondation de cette nouvelle reine n'est pas infinie !


Pour une fécondation de qualité optimale, on compte entre 4 et 10 jours environ après la naissance de la reine, Au-delà c'est moins efficace puis totalement aléatoire. De plus, un bon vol de fécondation se fait avec une température minimale de 20°c. Pas besoin de vous faire un dessin, il y a eu plusieurs fécondations ratées. Les nouvelles reines seront stériles à jamais et les colonies pour lesquelles rien ne sera fait mourront.


Je vous laisse imaginer le casse-tête lorsqu'il était possible de visiter les ruches : des cellules royales en formation, l'absence de ponte récente, des doutes sérieux sur la présence d'une reine, des reines vierges qui se promènent sur les cadres... et tout autant de questions :

  • Est-ce qu'il est trop tard pour intervenir et la colonie va de toute façon essaimer?

  • Est-ce que je laisse quelques cellules royales?

  • Est-ce que la reine est morte ou simplement "en pause"?

  • Est-ce que la nouvelle reine a été fécondée?

  • Est-ce que je dois introduire du couvain d'une autre ruche?


Pour compléter le tableau, le froid a aussi des conséquences sur la production de miel. Pour simplifier, les fleurs produisent du nectar lorsqu'il fait 20°c. Le froid eut aussi entraîner la cristallisation du miel dans les cadres. C'est un peu extrême, mais cela peut arriver. Heureusement, je n'ai pas constaté ce phénomène lors de la première récolte. Enfin, la pluie peut aussi "rincer" beaucoup de fleurs, comme l'acacia par exemple. Cette année, après deux journées de floraison, les acacias auront vécu une journée entière sous la pluie...



Je vous rassure, cela ne fait pas trop mal à la tête et je ne me plains pas, car j'ai choisi mon métier et je sais pourquoi je le fais avec Beopolis.


Ces dernières semaines, il y a eu des journées difficiles, c'est vrai, mais, à force de ténacité, je pense avoir redressé la situation partout et empêché les colonies de mourir. J'ai aussi cueilli plusieurs essaims, quelques-uns sortant directement de mes ruches et d'autres lorsque l'on m'a appelé pour intervenir dans des arbres et des buissons. J'en profite pour remercier toutes les personnes qui m'ont contacté, même si je n'ai pas toujours pu intervenir (certains jours, j'ai reçu 4 à 5 appels...).


Si être berger des abeilles était simple, il n'y aurait pas besoin de berger des abeilles, non? Ma mission répond à un besoin pour notre présent et notre avenir, et je m'accroche chaque jour, avec votre soutien, vos encouragements, votre engagement et votre confiance. Mon énergie est intacte, grâce à vous.


Vivez une très belle journée mondiale des abeilles, ainsi que les 364 autres de l'année!


Et pour finir, une petite photo pour vous montrer que les filles reprennent de la force avec le retour du soleil :-)




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